Herbault

 


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L'Histoire des alentours d'Herbault :


Il est remarquable qu'Herbault se trouve entre la Beauce proprement dite (partie Nord du canton) et la Basse-Beauce (partie sud). Deux territoires bien distincts pour la différence de fertilité réputée. De ce dernier climat (sud) dont Herbault fait partie, le sous-sol est argileux, retient l'eau pluviale, qui ne s'absorbant pas, tient le terrain humide, froid et peu productif. Ainsi dans une grande contrée qu'on désigne à partir d'Orchaise, ligne passant par Herbault, Saint Cyr Morand, Dammarie ; de là vers Fleuray, Seillac et enfin arrivant au point de départ, Orchaise ; toutes les communes enfermées dans le cercle sont mauvais sol par la raison ci-dessus sitée.

A la connaissance des contemporains, il y avait là, naguères, au moins un tiers en bruyères et en sus beaucoup de mauvais bois. Cette contrée a quelqu'analogie avec la Sologne. Aussi a-t-elle été habitée tardivement? La ligne de démarcation locale est bien précise, qui est : le val qui vient de Saint Lubin passant par Rondeau (au bas d'Herbault), Limaçon, la Puilloumière, la Buscaudière et la puiserie en suivant une suite de vallons qui marquent et font le changement du sous-sol et de la fertilité.

En jetant un coup d'œil sur les cartes, il est frappant que le pays de la Basse-Beauce dont nous parlons n'a été habité que depuis l'établissement du christianisme ; c'est comme cela que les noms des communes portent l'expression de leur époque, le vocable d'un Saint. Savoir : Saint Etienne, Saint Cyr, Saint Nicolas, Santhenay (altération de Saint Thenay), Dammarie, etc...

Chacun sait que, dans tous les temps, les populations se sont portées d'abord vers les meilleurs pays qui sont :
- les bords des fleuves et les vallées des rivières,
- ensuite les plaines à terrains fertiles,
- enfin ne se sont portées dans les contrées inférieures qu'après le trop plein, ailleurs.
C'est ce qui est arrivé à ce qu'on appelle la Basse-Beauce.

Allons en Beauce où le terrain est fertile parce que le sous-sols s'assainit promptement ; ce climat a été habité plutôt. Nous y trouvons l'influence du gouvernement romain. Le mot "ville" (villa) est le commencement ou la fin du nom de toutes les communes, des hameaux et même des fermes.

Ensuite qu'on voie les bords des fleuves, des rivières et des vallées, on y trouvera des démolitions plus anciennes encore, qui évidemment sont du temps des habitants des Gaules. Sans sortir du canton, on a dans la partie nord : Lancôme, Françay, Jussay, Landes, Campigny, Averdon, d'une part , plus Villefrancoeur de l'autre. Et dans le voisinage : Villemardi, Villeromain, etc. (Comme les hameaux ou fermes : Villerou, Villebouzon, Villegrimond, Villée, Villiers, etc.) Cela donné comme échantillon, tous noms d'origine gauloise ou romaine.

Reste pourtant La Chapelle Vendômoise dont le nom est récent, mais c'est par une circonstance exceptionnelle que voici : c'est la bataille qui eut lieu là dedans le onzième siècle pour désaccord de limites de territoire entre le comité de Blois et le duc de Vendôme. Ce dernier ayant été vainqueur, changea le nom de cette paroisse en celui de la chapelle Vendômoise (histoire de Vendôme par N. Bénédictin).

Allons maintenant le long de la Loire et la basse-cisse, vallées fertiles et dès longtemps préférées, nous y trouvons : Monteaux, Veuves, Mesland, Onzain, Chouzi, Coulanges, Chambon, Orchaise, tous noms Gaulois. Reste St. Secondin qui fait exception aussi par une circonstance particulière. La voici racontée par monsieur Selleron savant archéologue de Blois, savoir : La petite chapelle qui existe dans le bas-Bury près du carroir, d'une part ; et le très vieux bâtiment singulier à Molineuf appelé Labbaie (corruption de l'abbaÿe) que tout le monde a remarqué avant qu'il fut dernièrement modifié, d'autre part. Ces deux constructions étaient desservies séparément pour le culte comme chapelles. Elles ont donné lieu au besoin d'ériger en paroisse le territoire de ces populations. Chacune de son côté prétendait avoir l'Eglise. L'autorité discésaine décida qu'elle serait construite à moitié distance. C'eut été plus juste de la placer à Molineuf, mais le vieux château de Bury n'était pas en ruine, et pesa dans la balance.

La vieille chapelle sus-dite de l'abbaÿe était une succursale du couvent des Tirons de Poitiers, que le Duc de vendôme en ce temps seigneur aussi de Poitiers (suivant Mr de Pétigny) y installa pour les défrichements d'une partie de cette contrée. Le bas était le magasin ; le 1° étage une petite chapelle, plus des cellules pour habiter. c'est pour cela que le coteau de Molineuf à chambon (côté Est) s'appelle les Tirons. Un grand bâtiment de même nature existe à Gié, commune de Santhenay. C'est là l'époque où les moines étaient voués à défricher les terres des pays restés incultes.

Une autre preuve que ce climat du canton (partie sud) est cultivée récemment ce sont nombre de fermes entourées de grands fossés ou douves dans la partie du canton dont nous parlons ce qui ne se trouve pas en beauce. Ces grands fossés ou douves forment une enceinte carrée d'environ un hectare autour du corps de ferme, ornée d'une grande porte cochère, affectant un diminutif de porte de ville. Ces travaux d'arts sont presque tous détruits maintenant (il y en a encore une à Laurière de Chambon) mais les fossés sont restés.
La tradition prétend que c'était un droit et un privilège de la noblesse ou des couvents. Mr de Petigny (dans son histoire très estimée du Vendômois) donne une explication différente basée sur des recherches approfondies. Il explique que vers le XII° Siècle les hauts Seigneurs, possesseurs nés des territoires non cultivés, faisaient concession de grands climats à des nobles ou bien à des couvents, à la charge et condition de les faire mettre à l'état de culture. Il n'y avait que des Seigneurs ou des couvents en état de se charger de pareilles opérations.

C'est ainsi qu'une partie du Vendômois (d'après Mr de Petigny) fut concédée par le Duc de Vendôme dans le XI° Siècle au couvent des bénédictines de Vendôme ; c'est aussi comme cela que le bois important dit des usages de Lancôme a été donné à 19 maisons (compris le presbytère) de ce petit village ; ce qui fait une rente annuelle en moyenne actuellement d'environ 150 Francs à chaque chef de famille. Ce don a été fait en l'an 1 100  et quelques années par le Supérieur des bénédictins de Vendôme, à cette époque aux habitants de cette localité. Son importance est de 40 hectares d'excellent taillis. Le titre n'impose aucune condition aux donataires. Évidemment c'était tout simplement pour avoir la population et la fixer là. Nous avons vu et étudié ce titre ; il est sur parchemin, écrit au recto en latin, et au verso en français de ce temps. Le latin est bien plus compréhensible que le français. Il est déposé à la mairie et conservé avec soin, ce qui se comprend aisément.

Les concessionnaires donc de ces grands climats s'occupaient d'abord d'établir, bâtir une métairie centrale importante et s'y établissaient comme dans une forteresse pour être en sûreté contre les malfaiteurs, contre un coup de main, ou contre les animaux malfaisants nombreux dans ces contrées sauvages. Ensuite ils s'occupaient de fermes ordinaires aux alentours. Tout cela est encore évident.
Ces grands fossés en forme de remparts n'étaient donc pas la marque absolue d'un privilège, mais avaient été faits par la nécessité de se garantir lors des travaux de défrichements. Ces sortes de concessions étaient vers les XI°  et XII° Siècles.
Il nous parait suffisamment établi que la partie sud, sus-mentionnée, du canton n'a été successivement cultivée et habitée qu'à partir de cette époque, XI° et XII° Siècles.

 

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