Herbault

 


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Création de la gabelle et du marché :


M. Dodun obtint aussi de l'État la création d'une gabelle et la construction du bâtiment du grenier à sel, avec les deux pavillons qui l'accompagnent parallèlement à droite et à gauche pour les bureaux de cette administration. Les terrains et les enclos ou jardins qui l'entouraient (on en voit encore les indices) attestaient l'importance donnée à cet établissement. on peut penser aussi qu'à ce temps ces emplacements étaient vagues et n'avaient pas de valeur ; du reste tout appartenait au château. On créa une circonscription de pays de trois à quatre lieues à la ronde dont les populations furent forcées de venir chercher leur sel à un prix très élevé à Herbault. C'était là le principal revenu du gouvernement d'alors. Nous reviendrons plus loin sur cette construction et l'usage qu'on en a fait successivement.
Cette création de la gabelle fut un évènement décisif pour la localité. On pensa qu'il fallut nécessairement de auberges et d'autres maisons qui se construisirent.

La création aussi d'un marché à la même époque et par le même Monsieur DODUN, augmentait encore le besoin de constructions. Concernant cela, il nous a été communiqué un imprimé vieux et jauni de 1790 retrouvé récemment à la mairie de Landes. C'est un mémoire (pétition) des habitants de Landes demandant que le marché leur fut rendu. Il  y est constaté qu'ils ont eu le marché les Jeudis depuis 1572, confirmé par le Roi Henri IV en l'année 1607 ; et que vers 1720, Monsieur DODUN Seigneur d' Herbault et de Landes le leur a enlevé d'autorité et l'a transféré injustement à Herbault (voir à ce sujet pages suivantes). La copie littérale du dit mémoire est jointe à la suite du présent écrit.

Une vaste halle, qui ne ressemblait qu'à un grand hangar fut construite en ce temps par le propriétaire du château. Elle était d'une forme disgracieuse, exactement du modèle des loges des tuileries actuelles, mais six fois plus étendue sur le milieu de la place, elle en embarrassait plus du quart. Sa démolition est récente. Il en sera reparlé plus loin.

Le bâtiment bizarre et vieux (auprès du grenier à sel) situé dans l'ancienne impasse appelée "cul-de-sac", était le local où le bailli rendait la justice seigneuriale. La construction est épaisse et solide, d'une architecture maintenant défigurée; mais elle a encore de l'expression annonçant son époque du 15ème siècle. Actuellement même il y a au milieu une très vaste salle au rez-de-chaussée, sans cheminée, ayant à sa droite et à sa gauche des chambres d'habitation moins grandes et à cheminées ; et puis au 1er étage exactement même distribution. Ces grandes salles  étaient le lieu des séances publiques pendant que l'on bâtissait l'église en 1790. Le service du culte eut lieu dedans (procès verbal de Monsieur CHEREAU curé doyen de Saint Martin de Landes).

Les droits de place de halle, de pesage public, de langayage appartenaient au seigneur ; ils sont devenus les droits de la caisse municipale. (Le langayage est tombé en désuétude en 1830. C'était la vérification de la langue des porcs, vendus sur le marché pour savoir s'ils étaient sains)

Le droit de chasse, le droit de la corvée (ou travaux aux chemins) étaient à son pouvoir absolu. Tout cela changea en 1790.

Quant à la justice de paix, il y en avait pas besoin. Le bailli était à la fois le juge et l'administrateur public, c'est à dire qu'il était en même temps l'équivalent du juge de paix et du maire d'à présent, le tout au nom et sous les ordres du seigneur.

Le bourg augmentait successivement, pourtant avec lenteur. On ne trouve pas la constatation du nombre des habitants à cette époque. Présentement, il est de 833 presque tous agglomérés au bourg, malgré cette population peu nombreuse, il est gracieux autour de la place et présente l'aspect d'une petite ville.
 

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