Herbault

 


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L'unification d'Herbault : l'Église

La justice de paix et le marché auraient dû faire trait d'union entre les populations des deux parties de ce canton (nord et sud).
Eh bien ! non !
Elles n'ont presque aucunes relations d'affaires. C'est ce qui explique pourquoi Herbault a eu tant de peine à se former.
Maintenant pourtant, c'est fait.

L'Eglise (en 1790) continuait toujours d'être à Jussay malgré les réclamations anciennes et incessantes des habitants d'herbault.
Enfin la demande fut accordée ; une église neuve fut bâtie de suite. Dans les révolutions on obtient tout de suite ce qui est l'objet de vieilles plaintes, quelqu'en soit le sens, car on devait trouver étonnant de voir élever une église neuve à Herbault au moment où l'on démolissait les autres.
Ce qui avait empêché le déplacement de l'église de Jussay, c'est qu'elle était la propriété  du petit Château de ce village (voir l'explication précédemment). Elle n'avait rien d'intéressant. on a voulu voir cette affaire en 1790 un privilège qu'il fallait détruire et l'on a non pas réglé, mais brisé la difficulté.

L'église nouvelle tout d'abord ressemblait à un grand magasin. Sans ornement d'architecture, sans chapelle ni à droite, ni à gauche, un seul autel très simple ; pour portail une prote tout unie dans un grand mur en moëllons. Pourtant le toit est établi par un système particulier : chacun des chevrons d'une force assez considérable, pôsés sur champ de chaque côté se soutiennent sans filières, sans poutres ni aiguilles, étant amoisés en haut avec son vis-à-vis. La voûte est d'un seul jet. Le millésime "1791" gravé rez terre contre la marche du sanctuaire, est la date de sa construction.
En 1803, cette église à peine finie eut à souffrir les effets d'un ouragan et d'une grêle d'une rare violence. La couverture en ardoises fut moitié détruite et sur neuf croisées, 7 furent brisées.
Le plafond était en lattes et plâtre.de larges plaques de plâtre se détachaient parfois et tombaient sur les assistants. On fut obligé de le refaire en planchettes de sapin (1856). ce travail n'a rien fait de mieux quant au coup d'oeil de l'édifice.

Depuis la construction la famille de Rancougne fit établir (1825) une petite chapelle latérale, sans autel, à gauche entre la chaire et le coeur, avec droit convenu et réglé qu'elle serait exclusivement destinée à l'usage de la famille, moyennant 35 francs à payer par an  à la fabrique ; et que ce droit ne pourrait passer à des étrangers à la famille.

Plus tard (1841) par les soins de monsieur le curé Blin, une autre chapelle latérale plus grande du côté droit fut construite pour l'autel de la Ste vierge ; maintenant le monument présente l'aspect, à l'intérieur d'une croix latine.
On pensera naturellement que les stalles sont celles qui étaient à Jussay. Il n'en est rien. Ce sont celles de la chapelle du couvent de la Guiche (commune de Chouzy) dont les idées de l'époque avaient amené la destruction. Les comptes de la fabrique de l'Eglise, et une lettre du propriétaire actuel le constatent. (Il restait d'autres stalles qui sont dans l'Eglise de Coulanges.)
Le maître autel primitif a été changé en 1846. Celui actuel est venu de l'abbaye de la trinité de Vendôme, dont il était le 2° étage. Il a été acheté et amené aussi par les soins et en grande partie aux frais du même Mr Le Curé Blin. On y voit le millésime 1659, qui est celui de l'érection à la trinité de Vendôme et non celui à herbault.

Au moment même où s'écrivent ces lignes (1879) il y a un projet important d'embellissement de cette église, préparé et adjugé par les soins de monsieur le curé Girard, en cours d'exécution. [...]

Les frais de cette opération ont été  faits au moyen d'un secours du gouvernement ; et la plus forte partie par une souscription des habitants , sous l'intervention de la municipalité, sauf la réparation de la couverture de l'église et du clocher.
La chapelle du côté gauche n'a pas été restaurée, il faut espérer qu'elle ne restera pas en cet état, et qu'elle le sera indubitablement.
Le presbytère n'a été bâti qu'en 1825, dans l'emplacement de la grande avenue qui a été détruite  à cette époque. Il va en être parlé plus loin. Auparavant le logement du curé était à loyer au compte de la municipalité.

Le cimetière fut nécessairement créé en 1791. Il était simplement entouré d'une mauvaise haie trouée et délaissée, laissant passage à tous les animaux. Ce n'est qu'en 1852 qu'il fut clos de bons murs avec portail en fer.

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